Bleu de chauffe

Temps de lecture : 2 min.
·
Publié le 5 juin. 2026
En 1983, « la jeunesse emmerdait le Front National », et les affrontements entre punks et « skins », entre militants ouvriers et groupuscules néo-nazis se multipliaient.
Image

Automne 1983,Aulnay-sous-Bois, la ville est sous tension. L'usine Citroën est en grève, les camarades du syndicat CGT du site mènent la lutte et les groupuscules d’extrême ne cherchent que la bagarre. Il suffirait d’une étincelle pour que tout s'embrase…

Bleu de chauffe revient de manière pertinente sur les débuts de la montée de l’extrême-droite et de la violence raciste en France.

Page 1

Les affrontement se multiplient entre les militants CGT, en grande partie des immigrés qui entrent alors dans le combat syndical, et les groupuscules de jeunes extrémistes adhérant aux « valeurs » nazies, et voulant « casser du bougnoule »….mais largement pilotés en coulisse par les politiques et par des chefs d’entreprise voyant en eux une bonne façon de déstabiliser l’activité syndicale.

Ces affrontements idéologiques et moraux sont les premiers symptômes d’une « fracture » – un terme très à la mode – de la société qui ne fera que s’accentuer au fil des années et des décennies suivantes. Les deux personnages de Bleu de chauffe, qui représentent les deux « clans » qui s'affrontent dans un crescendo de violence, sont Karima, fille de syndicaliste, devenue « punk à crête », mais aussi boxeuse, et, en face d’elle, Sergio – d’origine portugaise, donc lui aussi fils d’immigrés – qui a le goût de la violence et a rejoint les extrémistes.

Page 2

Une fiction saisissante dans une France en pleine mutation. Entre montée du FN, solidarité ouvrière et mouvements antiracistes (la marche des Beurs), le portrait d’une époque se dresse avec ses luttes et ses failles. Un album à dévorer en écoutant les Béruriers Noirs ou LSD.

Pour aller plus loin

Sur le même thème

Discours de clôture du congrès par Sophie Binet

Lire la suite

Élection de la nouvelle direction de la CGT

Lire la suite

Rapport d’ouverture du 54e congrès par Sophie Binet

Lire la suite